Droits Humains : la RDC désormais obligée de servir d’exemple

L’élection de la RDC comme membre du Conseil des Droits de l’homme de l’ONU est une opportunité que doit saisir le pays de Lumumba pour redorer son blason et ne surtout ternir l’image du continent qu’il représente. A partir de maintenant, le pays doit impérativement servir d’exemple en matière de respect des droits humains. Tout célébrant sa « victoire diplomatique », le gouvernement doit désormais savoir qu’il doit éviter d’humilier le continent . La RDC doit adapter son comportement à son nouveau statut, et ainsi contredire les nombreux indignés.

C’est en effet une nouvelle qui a été diversement reçue par l’opinion et ceci-ci devait interpeller Kinshasa.
Ainsi, les Etats Unis ont, par la voix de leur ambassadrice à l’ONU, déclaré que « cette élection prouve que cette instance n’a plus aucun crédit ».
Pour les défenseurs des droits humains, notamment Monsieur Philipe BOLOPION de Human Right Watch, « C’est une gifle aux victimes des exactions et des violations des droits de l’homme par le Gouvernement congolais ».
De son côté, l’ACAJ(Association Congolaise d’Accès à la Justice) n’a pas caché sa déception : « Nous ne pouvons pas cacher notre immense déception face à cette élection contraire aux promesses que nous ont fait beaucoup d’Etats Africains et autres de ne pas admettre qu’ un régime qui se distingue dans des violations massives des droits humains ne siège comme membre au Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU », a regretté son président, Maitre Georges KAPIAMA.
Quelles que soient les réactions et leur degré de validité, un fait est là : la RDC va siéger pendant 2 ans comme membre du Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU.
Et comme premier test, le pays se retrouve dans l’obligation diplomatique et morale d’appliquer avant tout les recommandations du même Conseil qui lui sont adressées, notamment la libération de DIOMI NDONGALA et la cessation des poursuites contre Moïse KATUMBI CHAPWE.
Si DIOMI NDONGALA et Moise KATUMBI ne recouvrent pas toute leur liberté pendant qu’ils que la RDC siège au sein de l’institution qui en a ainsi décidé en parfaite synergie avec l’Accord de la Saint Sylvestre, alors cette élection n’aura été qu’une hideuse manœuvre politicienne, totalement indigne de l’Afrique, et du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, laquelle perdra encore de son crédit.

Abraham MUSITSHI