RDC : LA RESPONSABILITÉ PRINCIPALE DE LA PROTECTION ET DE LA SÉCURITÉ DES CIVILS APPARTIENT AU GOUVERNEMENT (ONU)

21 juillet 2017 – « La meilleure solution humanitaire est la paix ». C’est sur ce message répété à différents interlocuteurs que le Secrétaire général adjoint de l’ONU aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d’urgence, Stephen O’Brien, a conclu vendredi sa mission de quatre jours en République démocratique du Congo (RDC).

Arrivé mardi soir à Kinshasa, le Secrétaire général adjoint s’est ensuite rendu à dans l’est et le centre de la RDC, pour constater de près les « conséquences humanitaires dévastatrices » qui frappent le pays.

« Mon objectif est d’être le plus grand défenseur des personnes dans le besoin », a déclaré M. O’Brien lors de sa rencontre avec le Premier ministre congolais, Bruno Tshibala, mercredi dans la capitale du pays où il s’est également entretenu avec le Vice-Premier Ministre et Ministre de l’intérieur, Emmanuel Shadary, ainsi que le Ministre en charge de l’action humanitaire.

« La responsabilité principale de la protection et de la sécurité des civils appartient au gouvernement », a rappelé le Coordonnateur des secours d’urgence lors d’une conférence de presse organisée à la fin de sa visite en RDC.

Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), 7,3 millions de personnes sont affectées par la crise humanitaire qui frappe la RDC. Avec 3,8 millions de personnes déplacées, dont 1,4 million rien que pour la région du Kasaï, le pays est confronté à la plus grande crise de personnes déplacées du continent africain. Une crise complexe qui affecte la moitié des 26 provinces du pays.

« La nourriture, les abris et d’autres besoins sont des pansements », a dit M. O’Brien au début de sa visite en RDC, soulignant auprès du Vice-Premier Ministre congolais que « la paix est la solution ultime aux besoins humanitaires ».

Vendredi, le Secrétaire général adjoint s’est rendu à Kalemie, dans la province du Tanganyika (est du pays), pour s’enquérir de la situation humanitaire suite au déplacement massif de populations. Sur place, il a pu s’entretenir avec des personnes déplacées et mesurer leur détresse.

A Moni, dans la périphérie de Kalemie, M. O’Brien a vu les cendres de ce qui fut un site pour 11.000 déplacés avant qu’il ne soit incendié par des violences. Selon OCHA, une personne sur 10 dans l’est de la RDC a été victime de déplacement forcé au cours de la dernière décennie.

  1. O’Brien a ensuite poursuivi son déplacement à Tshipaka, dans la région centrale du Kasaï où 1,4 million de personnes sont déplacées (30% des personnes déplacées en RDC) suite au conflit qui frappe la région depuis le mois d’août.

Alors que l’ONU et les ONG ont traditionnellement opéré dans l’est du pays, les besoins humanitaires se sont accrus ces 12 derniers mois au Kasaï, théâtre de violations de droits de l’homme et où la malnutrition touche sévèrement la santé de milliers d’enfants.

Dès son arrivée à Kinshasa mardi, M. O’Brien a rappelé que le financement humanitaire pour la RDC était nécessaire d’urgence et qu’il comptait sur le soutien des pays donateurs. Selon OCHA, le Plan de réponse humanitaire pour le pays d’un montant de 812,5 millions de dollars n’est financé qu’à hauteur de 23%.

« De combien d’autres indices avons-nous besoin pour mobiliser l’appui à la RDC ? », a demandé le Coordonnateur des secours d’urgence lors de sa conférence de presse de fin de mission, appelant les donateurs à faire plus.

Entre temps, les Pays-Bas ont annoncé le 19 juillet une contribution de 3 millions de dollars et le 20 juillet, le Royaume-Uni a promis une contribution supplémentaire de 6 millions de dollars pour appuyer l’action humanitaire au Kasaï.

Source Article: un.org

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