« Je ne cesserai de combattre les criminels que quand je serai dans ma tombe » : Jean Paul LUMBULUMBU.

 

Maitre LUMBULUMBU vit actuellement des menace d’un haut magistrat militaire de la place.Cet avocat, qui est parvenu , pour la toute première fois dans l’histoire, à faire condamner des kidnappeurs d’enfants à Goma, affirme avoir été menacé devant témoins par menacé par l’auditeur militaire supérieur de Goma, lequel, joignant l’acte à la parole, a porté plainte contre lui auprès du parquet général près la Cour d’appel de Goma.

Stupéfiante, cette nouvelle a non seulement soulevé un tollé général parmi les notables de Goma, mais aussi déçu les victimes des crimes du Nord Kivu, comme en témoigne leur rage sur les réseaux sociaux. Cette furie collective à une source: la cause de la plainte.

À en croire le contenu des griefs portés à sa charge, ce magistrat militaire tel que nous rapportés par maître LUMBULUMBU, on reprocherait à ce dernier d’avoir, en date du 24 février, sur radio Okapi/Goma où il intervenait au nom des notables de la contrée, félicité la justice civile qui a condamné les kidnappeurs tout en regrettant les cas trop fréquents de libération sous caution des criminels à l’auditorat militaire.

Fidèle au principe sacré de la recherche de l’information à la source, Tshukudunews.com a joint le concerné peu après son audition sur PV au parquet général près la Cour d’Appel de Goma.

Ce dessous, l’intégralité de cette interview inédite.

Tshukudu : maître LUMBULUMBU, est-il vrai que vous êtes l’objet d’une procédure judiciaire ?

Maître LUMBULUMBU :

Oui, je viens de ce pas du parquet général, où j’ai été entendu sur PV suite à une plainte adressée à mon batonier par l’auditeur supérieur des FARDC, plainte dont je n’ai même pas reçu copie.

Tshukudunews.com:

Que vous reproche-t-on?

Me LUMBULUMBU :
L’auditeur Supérieur prétend que je l’ai personnellement sali dans les médias alors que je ne maîtrise même pas son nom.

Tshukudunews.com:

Mais de quoi était-il exactement question, alors ?

Me LUMBULUMBU

En date du 24 août 2017, suite à la toute première condamnation d’une bande de kidnappeurs d’enfants par le Tribunal de Grande Instance de Goma, j’ai été chargé par les notables de la province de féliciter la justice civile qui venait de redorer son blason, tout en invitant les juridictions militaires à lui emboiter le pas; notamment en évitant les cas souvent dénoncés par la population, comme ces criminels poursuivis par l’auditorat qui sont souvent relâchés après paiement de l’argent aux juridictions militaires, et qui redeviennent une menace pour la société après avoir ainsi échappé à la justice.
Je me suis exprimé sur les ondes de la radio Okapi Goma et je n’ai cité aucun nom, ni une instance précise., mais simplement rempli mon devoir. J’ai transmis les conseils des notables de la place à la justice militaire. Je suis donc vraiment surpris qu’il se soit senti personnellement visé. Ceci d’autant plus que ce n’est pas lui qui en est le Numéro Un au Nord Kivu. J’aurais d’ailleurs été très étonné que cela eut lésé qui que ce soit, et je reste pétrifié par l’absence totale de entre mon message demandant à la justice militaire de corriger ses faiblesses connues de tous et publiquement dénoncés par de très nombreux observateurs et la personne qui m’a d’abord menace verbalement puis s’est plainte contre moi au barreau, ce qui non seulement menacé ma carrière d’avocat, mais aussi salit mon honneur.
C’est pourquoi j’ai solennellement sollicité du parquet que j’aille retirer le son de mon intervention auprès de la radio Okapi Goma.

Après la présentation de cette preuve irréfutable, j’exigerai immédiatement la réhabilitation de ma réputation souillée.

En effet, curieusement, et ceci en dépit de son acharnement, l’homme qui m’accable n’a même pas été capable de joindre une seule preuve à sa plainte pour étayer ses accusations, au point que je me demande même s’il a personnellement suivi mon intervention à la radio.

Je considère donc sa plainte comme une menace pure et simple, surtout que celle-ci a été précédée de propos menaçants, tenus délibérément devant témoins par le concerné.

Tshukudunews.com:

Ne pensez vous pas que ces menaces risquent de décourager les victimes, leurs avocats, les notables et même tous ceux qui combattent les crimes en général ?
Me LUMBULUMBU :

Évidemment que c’est étrange qu’un haut magistrat réponde par des menaces à des conseils de l’ensemble de la notabilité d’une zone sinistrée. Mais soyez rassurée: Ce
ne sont pas ces genres d’intimidations qui peuvent décourager les congolais d’user de leurs droits constitutionnels et de dénoncer les criminels, ni empêcher les notables de continuer toujours à exiger que la justice, tant civile que militaire, remplisse mieux sa mission comme l’exige si souvent le peuple, les partenaires et même le Président de la République en personne ! Quant à moi, Maître Jean Paul LUMBULUMBU, je ne suis pas du genre à me laisser facilement intimider. Une chose est claire, madame: je ne cesserai de combattre les criminels et de défendre leurs victimes qu’à mon dernier souffle, quand je serai dans ma tombe.

Tshukudunews.com;
Que dites vous aujourd’hui aux notables, aux victimes des kidnapping et aux habitants de Goma en général ?

Me LUMBULUMBU :

J’appelle la population à se lever, à user pleinement de ses droits et libertés constitutionnelles et à condamner fermement les menaces de ce genre, d’où qu’elle viennent !

Elle ne doit pas se laisser faire quand des menaces pèsent contre les contre les notables qui, usant de leurs droits constitutionnels et exerçants leurs libertés inaliénables, remplissent leur devoir d’aider la justice à réprimer les criminels par des conseils basés sur des faits réels.

Se taire devant ce genre d’abus serait un refus de remplir nos devoirs de citoyens, et cela ne profiterait qu’aux criminels qui ont déjà causé des millions des victimes dans la province du Nord Kivu.

Pendant que Goma et toute notre province croupissent sous un nombre scandaleux de cas de crimes divers: enlèvements, massacres, administrations parallèles…le silence quand ceux qui sacrifient leurs vies pour combattre les crimes sont menacés, non seulement une trahison doublée de lâcheté, mais aussi et surtout une passé en or faite aux malfaiteurs.

J’appelle donc instamment le peuple à manifester son indignation légitime, en utilisant toutes les voies légales.

Propos recueillis par Aline ENGBE.