La tripartite appuie la CENI, mais zappe la décrispation Politique

Le communiqué final de la tripartite CNSA-CENI-Gouverment a soutenu la CENI et encouragé cette dernière à ‘publier le calendrier réaliste ». En même temps, les assises ont appelés à la vulgarisation de l’Accord de la Saint Sylvestre et demandé aux partenaires extérieurs de réaliser leurs promesses de soutenir le processus électoral.

Cependant, le communiqué final n’évoque nulle part la nécessité de la décrispation du climat politique, ni le respect des droits humains, ni celle des libertés publiques. Aucune de ses recommandation n’aborde le sujet.

Commencés le samedi 14/10/2017, la tripartite CNSA-CENI-Gouverment a pris fin ce mercredi 18/10/2017 au Palais du Peuple de Kinshasa. Consacrés à l’évaluation du processus électoral, ces assises ont été ouverts et clôturées par le premier ministre Tshibala, alors que les plénières ont été présidées par le Président du CNSA, Monsieur Joseph Olenghakoy.

Ces travaux ont été sanctionnés par un communiqué final de 14 point, lequel traduit un soutien total à la CENI.

En effet, la tripartite s’ est d’abord félicité de l’enrôlement de plus de 42 millions d’électeurs et a invité la CENI à opérer rapidement l’enrôlement des Congolais de l’étranger, pour ensuite exprimer son appui à la Centrale Electorale.

« Prenant conscience des réalités du chemin critique des opérations et des délais. ».. la tripartite CNSA-CENI-Gouverment demandé à la CENI de publier  » le calendrier électoral réaliste », (ce qui laisse supposer que ledit calendrier existe déjà.) dit le communiqué.

Tout en appelant à la vulgarisation et à l’application de l’Accord du 31 décembre 2016, la tripartite n’a curieusement pas évoqué l’obligation de l’application des mesures de décrispation, ni du respect des libertés publiques, ni celui des droits humains alors que ces derniers points sont cruciaux pour la réussite du processus électoral, lequel ne saurait être pacifique ni crédible sans le respect des libertés publiques, le traitement équitable de tous les acteurs, le respect des droits humains et une vraie décrispation du climat politique.

Par ce communiqué, la tripartite vient donc d’officialiser le délai de 504 jours annoncé par la CENI pour l’organisation des élections, délai qui ne commencera à couvrir qu’à la fin des opérations d’enrôlement des électeurs, laquelle ne peut être attendue avant avril 2018.

En effet, les opérations d’enrôlement du Kasaï peuvent aller jusqu’en janvier 2018, viendra alors l’enrôlement des Congolais de l’étranger qui doit également durer au moins trois mois.

Si l’on compte 504 jours à partir du premier mai 2018, alors on se rend compte que la CENI projette les élections à la fin de l’année 2019.

 

Aline ENGBE