Passeports : Le Gouvernement recule, mais les interrogations demeurent !

Acculé par une grogne généralisée, le Gouvernement vient de reculer la date d’invalidation des passeports semi biométriques qui vient de passer du 16/10/2017 au 14/01/2018. En même temps, il a été annoncé que ceux qui possèdent des passeports semi biométriques ayant plus d’une année de validité  auront le nouveau au prix de 100 $ au lieu de 185 $. Le Gouvernement a reculé ; mais les interrogations demeurent. Pour preuve, cette réaction de la LUCHA qui, dans un communiqué,  continue à qualifier la mesure d’ « illégale » et juge les explications du Vice Premier ministre SHE OKITUNDU au Parlement de « superflues et inadmissibles »,avant de conclure que : « la mesure doit être tout simplement annulée ».

La controverse continue de plus belle, faute de réponses convaincantes  aux yeux d’une bonne partie de l’opinion. Ainsi, pour justifier leur mesure,  les affaires étrangères ont d’abord évoqué une impossibilité de séjourner aux USA pour les porteurs de passeports semi biométriques à partir de fin octobre 2017, chose qui n’a pas été confirmé par le Gouvernement  américain, et qui est contredit par la nouvelle échéance.

L’autre annonce qui a soulevé des vagues est celle du prix de 100$ au lieu de 185$.  Ici, un député national MP, qui a requis l’anonymat, s’est déchainé : «  Est-il possible d’avoir un passeport en payant juste la somme officielle dans ce pays ? Et  comment justifier les 100 $ à debourser pour une sorte de duplicata qui devait  être gratuit ? »

En plus, la maison SHENGEN  a publié un communiqué où elle a tenu le Gouvernement congolais pour unique responsable de cette décision, à laquelle les pays Européens se voyaient obligés de se conformer, même si le séjour de personnes porteuses de passeports semi biométriques ne posait aucun problème au sein de l’Union Européenne.

Il plane aussi un doute sur la constitutionnalité de l’interdiction  d’entrer sur le territoire de la RDC des  citoyens porteurs du passeport semi biométrique, une fois ces dernier invalidé, qui a été également anncée par le Gouvernement. Selon Me Georges KAPIAMBA, de l’ACAJ : « ceci viole la Constitution qui interdit toute expulsion des congolais. »

Enfin, il est incertain que le député Toussait ALONGA, qui accuse l’Etat congolais  de violer des droits acquis en invalidant  des passeports en cours de validité, puisse retirer sa plainte déposée à la Cour Suprême contre le Gouvernement.

Le dossier reste donc ouvert.

 

La Rédaction